Capgemini a publié le 30 octobre 2026 un chiffre d’affaires de 6 073 M€ pour le troisième trimestre, en hausse de 11,7 % à taux de change constants. Le groupe relève sa fourchette de croissance 2026 à 9,0 % à 9,5 %. En France, la progression reste plus modeste : +4,9 %.
Les résultats de Capgemini au T3 2026 montrent une croissance de 11,7 % à taux constants, tirée par l’Amérique du Nord, le Royaume-Uni et les acquisitions, tandis que la France progresse de 4,9 %. Les prises de commandes, à +3,4 %, ralentissent nettement par rapport au chiffre d’affaires.
Résultats Capgemini T3 2026 : les chiffres du trimestre
Sur le trimestre, le groupe affiche 6 073 M€ contre 5 393 M€ un an plus tôt, soit +12,6 % en données publiées, le change jouant cette fois en faveur de Capgemini (+0,9 point). Cumul neuf mois : 18 155 M€, +11,4 % à taux constants. Les commandes du T3 atteignent 5 401 M€.
Le communiqué ne donne pas de taux de croissance organique chiffré pour le trimestre. Il rappelle en revanche que la contribution des acquisitions, WNS et Cloud4C en tête, pèse environ cinq points sur l’année, un niveau inchangé. Une partie importante de la croissance affichée est donc achetée, ce qui compte pour qui compare Capgemini aux autres ESN cotées.
| Région | CA T3 2026 (M€) | Croissance à taux constants |
|---|---|---|
| Amérique du Nord | 1 843 | +18,3 % |
| Royaume-Uni et Irlande | 928 | +25,2 % |
| France | 1 019 | +4,9 % |
| Reste de l’Europe | 1 686 | +3,4 % |
| Asie-Pacifique et Amérique latine | 597 | +11,9 % |
Capgemini T3 2026 : un objectif annuel relevé, un quatrième trimestre plus calme
Capgemini vise désormais une croissance de 9,0 % à 9,5 % à taux constants pour 2026, contre environ 8,5 % à 9,0 % annoncés fin juillet. La marge opérationnelle (13,6 % à 13,8 %) et le free cash flow organique (environ 1,8 à 1,9 Md€) ne bougent pas.
Le relèvement est modeste au regard du rythme des neuf premiers mois (+11,4 %). La raison tient au T4 : la direction table sur +3 % à +4 % seulement, face à une base de comparaison plus exigeante. Le free cash flow absorbe aussi environ 200 M€ de décaissements de restructuration supplémentaires par rapport à 2025, liés au plan « Fit-for-Growth ». Les chiffres du premier semestre, publiés fin juillet, sont détaillés dans notre comparatif des semestriels de Capgemini et Sopra Steria.
France : une reprise qui s’installe, sans le secteur public
La France réalise 1 019 M€ au T3, en hausse de 4,9 % à taux constants, contre +1,8 % sur les neuf mois. Le communiqué attribue la reprise à l’industrie et aux services financiers, alors que le secteur public reste faible. Le PDG Aiman Ezzat parle d’une accélération nette dans le pays.
Le contraste avec le Royaume-Uni (+25,2 %) et l’Amérique du Nord (+18,3 %) est net, mais ces deux zones intègrent WNS et Cloud4C, ce qui gonfle leur croissance. Le marché français, lui, s’inscrit dans la trajectoire d’une reprise prudente du marché des ESN en 2026. Capgemini y gagne du terrain sans retrouver les rythmes de ses autres géographies.
Par métier : Applications & Technology reste à la traîne
Le cœur historique du groupe, Applications & Technology (63 % du CA 2025), ne progresse que de 3,5 % au T3. Operations & Engineering (29 %) bondit de 26,9 %, aidé par WNS, et Strategy & Transformation (8 %) gagne 18,6 %. La croissance se déplace vers l’exploitation et les opérations métier.
Pour les ESN de services applicatifs, ce signal est lisible : les projets de modernisation des systèmes hérités soutiennent l’activité, mais la dynamique se joue ailleurs, dans les opérations et les services pilotés par l’IA. Aiman Ezzat voit dans la modernisation des fondations de données un préalable à « l’entreprise agentique ». La trajectoire détaillée dans les objectifs 2028 de Capgemini sur l’IA agentique s’en trouve confirmée sur le terrain.
Ce que ça change pour les ESN et les consultants
Capgemini compte 417 500 collaborateurs au 30 septembre 2026, soit 5 900 de moins qu’à fin 2025, malgré +62 800 sur un an grâce à l’intégration de WNS. L’offshore représente 275 600 personnes, soit 66 % des effectifs, une part stable. La croissance ne se traduit donc pas par des embauches nettes.
Pour les concurrentes françaises, la leçon est double. D’abord, la reprise en France existe mais reste portée par l’industrie et la finance : les ESN très exposées au secteur public ne bénéficient pas du même vent. Ensuite, les commandes à +3,4 % indiquent un carnet qui croît moins vite que le chiffre d’affaires, ce qui pèsera sur la visibilité de 2027.
Pour les consultants, le message est contrasté. Le groupe réduit ses effectifs sur neuf mois tout en augmentant son activité, ce qui s’accorde avec les enjeux décrits dans notre analyse du plan de 2 409 postes visés chez Capgemini France. Les profils recherchés sont ceux de la donnée, de la modernisation applicative et de l’IA en production. Les trimestres de Sopra Steria, déjà publiés, offrent un point de comparaison dans nos repères sur les résultats T3 de Sopra Steria et Capgemini.
Les points à retenir
- Le CA Capgemini T3 2026 atteint 6 073 M€, soit +11,7 % à taux constants et +12,6 % en publié.
- L’objectif de croissance 2026 passe à 9,0 % à 9,5 %, avec un T4 attendu à +3 % à +4 %.
- La France progresse de 4,9 %, portée par l’industrie et les services financiers, le secteur public restant faible.
- Les commandes (+3,4 %) et les effectifs (-5 900 depuis fin 2025) tempèrent la lecture de la croissance.
Sources : Capgemini, page investisseurs du T3 2026 ; communiqué Capgemini diffusé sur GlobeNewswire ; Fortuneo, résultats du premier semestre 2026.

