Combien y a-t-il d’ESN en France, et comment s’y retrouver ? Le secteur compte quelques grands groupes connus de tous et plusieurs milliers de sociétés de taille plus modeste. Cette liste organise les principales ESN par taille et par spécialité, à partir du dernier classement Numeum/KPMG et des positionnements publics des entreprises.
Le top 15 des ESN et ICT en France
Le classement de référence est publié chaque automne par Numeum et KPMG. Il retient le chiffre d’affaires réalisé en France. Voici les 15 premiers de l’édition portant sur l’exercice 2024 :
| Rang | Entreprise | CA France 2024 | Profil |
|---|---|---|---|
| 1 | Capgemini | 4 380 M€ | Conseil, intégration, infogérance |
| 2 | SCC France | 2 925 M€ | Distribution et services d’infrastructure |
| 3 | Accenture | 2 606 M€ | Conseil et intégration |
| 4 | Sopra Steria | 2 440 M€ | Intégration, conseil, solutions métiers |
| 5 | Orange Business | 1 800 M€ | Réseaux, cloud, cybersécurité |
| 6 | Atos | 1 760 M€ | Infogérance, intégration, cybersécurité |
| 7 | IBM France | 1 723 M€ | Conseil, infrastructure, logiciels |
| 8 | CGI France | 1 548 M€ | Intégration et infogérance |
| 9 | Alten | 1 360 M€ | Conseil en ingénierie et technologies |
| 10 | Econocom | 1 230 M€ | Équipements, financement et services |
| 11 | Computacenter | 1 160 M€ | Infrastructure et services managés |
| 12 | Inetum | 1 030 M€ | Intégration et services, fort ancrage régional |
| 13 | Docaposte | 825 M€ | Confiance numérique, services de La Poste |
| 14 | Neurones | 810 M€ | Infrastructure, conseil et applications |
| 15 | Akkodis | 783 M€ | Ingénierie et numérique |
Source : classement Numeum/KPMG ESN & ICT, chiffre d’affaires France 2024. L’édition suivante est attendue à l’automne 2026. Notre analyse détaillée est à lire dans le classement des ESN en France.
Les grandes familles d’ESN
Au-delà du chiffre d’affaires, les ESN se distinguent par leur modèle. Voici une grille de lecture utile pour un candidat comme pour un acheteur IT.
Les intégrateurs et conseils globaux
Capgemini, Accenture, Sopra Steria, CGI ou IBM couvrent l’ensemble de la chaîne : conseil, développement, intégration de progiciels, infogérance, cybersécurité. Ils travaillent surtout pour les grands comptes et le secteur public, avec des centres de production en France et à l’étranger. Pour un consultant, ils offrent des projets d’envergure, des parcours structurés et une mobilité internationale, au prix de processus plus lourds.
Les distributeurs-intégrateurs
SCC, Computacenter ou Econocom réalisent une part importante de leur activité dans la fourniture de matériel, de licences et de services d’infrastructure (postes de travail, réseaux, datacenters). Leur chiffre d’affaires est élevé, mais la valeur ajoutée par euro facturé est plus faible que chez un intégrateur pur.
Les ESN de taille intermédiaire
Entre 100 et 1 000 millions d’euros de chiffre d’affaires, on trouve des acteurs comme Inetum, Neurones, Aubay, Infotel, SII, Devoteam, Talan ou Onepoint. Plusieurs sont cotés, d’autres appartiennent à des fonds d’investissement. Ils jouent la carte de la proximité, de la spécialisation sectorielle (banque, assurance, industrie) ou technologique (cloud, data). Ce segment est aussi le plus actif en matière de rachats et de consolidation.
Les sociétés de conseil en technologies
Alten, Akkodis ou Expleo relèvent du conseil en ingénierie : leurs consultants interviennent sur des projets industriels (automobile, aéronautique, énergie, ferroviaire), avec une part croissante de logiciel embarqué et de data. Numeum les suit dans une catégorie à part, le conseil en technologies.
Les ESN spécialisées
Des centaines de sociétés de quelques dizaines à quelques centaines de salariés se concentrent sur une expertise : cybersécurité, data et IA, cloud, SAP, Salesforce, ServiceNow, test et qualité logicielle, DevOps. Elles sont souvent mieux valorisées que les généralistes à taille égale, car leurs compétences sont plus rares.
Les ESN par région
L’Île-de-France concentre la majorité des sièges et des emplois, en particulier dans les quartiers d’affaires de La Défense et de l’ouest parisien. Mais plusieurs bassins régionaux sont importants :
- Auvergne-Rhône-Alpes (Lyon, Grenoble) : industrie, énergie, santé, nombreux centres de services.
- Occitanie (Toulouse, Montpellier) : aéronautique et spatial, très présents chez les sociétés de conseil en ingénierie.
- Hauts-de-France (Lille) : banque, assurance, grande distribution et e-commerce.
- Pays de la Loire et Bretagne (Nantes, Rennes) : télécoms, banque mutualiste, cybersécurité.
- Nouvelle-Aquitaine (Bordeaux) : aéronautique, défense, assurance.
Les grandes ESN disposent d’agences dans toutes ces métropoles. Les ESN régionales y sont souvent plus visibles localement que les groupes nationaux.
Comment choisir une ESN quand on est candidat
Une liste ne suffit pas pour choisir un employeur. Quelques questions permettent de comparer deux ESN :
- Quel est le modèle dominant ? Régie chez un client unique, forfait, centre de services ? Le quotidien n’a rien à voir. Notre article sur la régie et le forfait détaille les différences.
- Quel est le taux d’intercontrat actuel ? Un recruteur peut répondre à cette question. Un taux élevé signale un risque pour un nouvel entrant. Voir aussi nos explications sur l’intercontrat.
- Quels clients et quels secteurs ? Une ESN très dépendante d’un seul client ou d’un seul secteur est plus fragile.
- Quelle politique de formation et de certification ? C’est le premier levier d’employabilité dans un marché qui évolue vite avec l’IA.
- Qui sont les business managers ? Leur expérience technique et leur réseau conditionnent la qualité des missions proposées.
Comment choisir une ESN quand on est client
Pour un acheteur IT, le choix d’une ESN repose sur d’autres critères : références dans le secteur, capacité à s’engager au forfait, présence de centres de services (en France ou en nearshore), stabilité des équipes, certifications éditeurs et sécurité (ISO 27001, qualifications de l’ANSSI pour les prestataires de sécurité). Dans un marché où les prix sont sous pression, la capacité du prestataire à intégrer les gains de productivité liés à l’IA générative devient aussi un critère de choix.
Combien y a-t-il d’ESN en France ?
Il n’existe pas de décompte officiel unique, car la frontière entre ESN, cabinet de conseil, éditeur et société d’ingénierie est floue. Ce qui est certain, c’est la forte concentration du marché : les vingt premiers acteurs réalisent une part majeure du chiffre d’affaires, tandis que des milliers de petites structures, souvent fondées par d’anciens consultants, se partagent le reste. Le numérique dans son ensemble emploie environ 666 000 personnes en France selon Numeum.
En résumé
- Capgemini domine largement le marché français, devant SCC, Accenture et Sopra Steria.
- Les ESN se répartissent entre intégrateurs globaux, distributeurs-intégrateurs, ESN de taille intermédiaire, sociétés de conseil en technologies et spécialistes.
- L’Île-de-France concentre l’essentiel de l’activité, mais Lyon, Toulouse, Lille, Nantes et Bordeaux sont des bassins importants.
- Pour choisir une ESN, le modèle de delivery, le taux d’intercontrat et la politique de formation comptent plus que la taille.
Sources : Numeum et KPMG, Grand Angle ESN & ICT 2025 ; Numeum, tendances du marché du numérique.

