Quelles sont les plus grandes ESN en France ? La question paraît simple, mais la réponse dépend de ce que l’on mesure : chiffre d’affaires mondial ou réalisé en France, effectifs du groupe ou effectifs locaux, services purs ou revente de matériel et de licences. La référence du secteur reste le classement ESN & ICT publié chaque automne par Numeum et KPMG, qui retient le chiffre d’affaires réalisé en France.
Le top 15 des ESN et ICT en France
Voici le classement établi sur l’exercice 2024 (édition publiée en octobre 2025, dernière disponible au moment de la rédaction ; l’édition suivante est attendue à l’automne 2026) :
| Rang | Entreprise | CA France 2024 |
|---|---|---|
| 1 | Capgemini | 4 380 M€ |
| 2 | SCC France | 2 925 M€ |
| 3 | Accenture | 2 606 M€ |
| 4 | Sopra Steria | 2 440 M€ |
| 5 | Orange Business | 1 800 M€ |
| 6 | Atos | 1 760 M€ |
| 7 | IBM France | 1 723 M€ |
| 8 | CGI France | 1 548 M€ |
| 9 | Alten | 1 360 M€ |
| 10 | Econocom | 1 230 M€ |
| 11 | Computacenter | 1 160 M€ |
| 12 | Inetum | 1 030 M€ |
| 13 | Docaposte | 825 M€ |
| 14 | Neurones | 810 M€ |
| 15 | Akkodis | 783 M€ |
Source : classement Numeum/KPMG ESN & ICT, chiffre d’affaires France de l’exercice 2024.
Capgemini, un leader hors catégorie
Avec près de 4,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires en France, Capgemini pèse plus que les deux suivants réunis sur certains segments de services. À l’échelle mondiale, le groupe dépasse les 22 milliards d’euros et comptait plus de 420 000 collaborateurs fin 2025 après l’intégration de WNS et de Cloud4C. Mais sa base française se contracte : les effectifs en France sont passés d’environ 36 900 à 35 250 personnes entre fin 2024 et fin 2025, avant l’annonce d’un plan de départs volontaires.
Des profils très différents derrière les chiffres
Le classement mélange des entreprises dont les modèles n’ont pas grand-chose en commun :
- Les intégrateurs et conseils globaux (Capgemini, Accenture, Sopra Steria, CGI, IBM) vendent du conseil, de l’intégration et de l’infogérance à de grands comptes.
- Les distributeurs-intégrateurs (SCC, Computacenter, Econocom) réalisent une large part de leur activité dans la fourniture de matériel, de licences et de services associés. Leur chiffre d’affaires est élevé, leur marge par euro facturé plus faible.
- Les filiales d’opérateurs ou de groupes (Orange Business, Docaposte) s’appuient sur un actionnaire industriel et sur des offres réseau, cloud ou confiance numérique.
- Les spécialistes de l’ingénierie (Alten, Akkodis) relèvent davantage du conseil en technologies, au service de l’industrie, de l’automobile ou de l’aéronautique.
- Les ESN de taille intermédiaire (Inetum, Neurones et derrière elles des dizaines d’acteurs entre 100 et 700 millions d’euros) jouent la proximité, la spécialisation sectorielle ou régionale.
Pourquoi le chiffre d’affaires ne dit pas tout
Un classement par chiffre d’affaires mesure la taille, pas la santé. Pour comparer des ESN entre elles, il faut regarder au moins trois autres indicateurs :
- Le taux de marge opérationnelle, qui varie du simple au triple selon que l’on vend du matériel, de la régie ou des projets au forfait.
- Le taux d’occupation (ou d’activité) des consultants, c’est-à-dire la part de jours facturés. Quelques points de baisse suffisent à faire fondre la marge d’une société de régie.
- La part de revenus récurrents (infogérance, maintenance, centres de services), gage de résistance quand les projets se raréfient.
Un marché très concentré… et très fragmenté
Le paradoxe des ESN françaises tient en une phrase : une poignée de groupes réalise une grande partie du chiffre d’affaires, tandis que des milliers de petites structures se partagent le reste. Entre les deux, les ESN de taille intermédiaire sont la cible privilégiée des opérations de rachat, qu’elles soient menées par des groupes cotés ou par des fonds d’investissement qui bâtissent des plateformes par acquisitions successives.
Pour un client, cette structure offre un large choix de prestataires. Pour un consultant, elle signifie que l’expérience peut être radicalement différente d’une ESN à l’autre : processus industrialisés et mobilité internationale chez les grands, proximité et polyvalence chez les petits.
À surveiller dans la prochaine édition
Le classement de l’exercice 2025 devrait refléter une année de recul pour le marché des ESN (-1,8 % selon Numeum). Les écarts entre acteurs exposés à l’assistance technique et ceux positionnés sur l’infogérance, le cloud et la cybersécurité devraient se creuser. Les acquisitions réalisées en 2025 modifieront aussi plusieurs positions. myESN publiera une analyse dès la parution des nouveaux chiffres.
Questions fréquentes
Quelle est la plus grande ESN en France ?
Capgemini, avec environ 4,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires réalisé en France en 2024 selon le classement Numeum et KPMG. Suivent SCC France (2,9 milliards d’euros), Accenture (2,6 milliards) et Sopra Steria (2,4 milliards).
Sur quel critère repose le classement Numeum et KPMG ?
Le classement ESN et ICT publié chaque automne par Numeum et KPMG retient le chiffre d’affaires réalisé en France. Il réunit des intégrateurs, des distributeurs, des filiales d’opérateurs et des spécialistes de l’ingénierie, dont les modèles économiques et les marges diffèrent fortement.
Quels indicateurs regarder en plus du chiffre d’affaires d’une ESN ?
Au moins trois : le taux de marge opérationnelle, le taux d’occupation des consultants (la part de jours réellement facturés) et la part de revenus récurrents, comme l’infogérance ou la maintenance, qui protège l’activité quand les projets se raréfient.

