Capgemini France comptait 35 249 collaborateurs fin 2025, contre 36 877 un an plus tôt. Ce recul de 4,4 % a précédé l’annonce du plan visant jusqu’à 2 409 postes, le 20 janvier 2026. Le groupe publie son chiffre d’affaires du troisième trimestre le 30 octobre : un bon moment pour relire ce que disent les effectifs.
Capgemini France compte 35 249 salariés fin 2025, soit environ 10 % des effectifs du groupe hors acquisitions, tandis que l’Inde en rassemble 188 055. Ces données, tirées du document d’enregistrement universel 2025 et relayées par un décryptage du Blog RH, éclairent la répartition du travail dans un groupe qui grandit surtout hors de France.
Ce que montrent les effectifs 2025
Le groupe employait 355 189 personnes au 31 décembre 2025 hors acquisitions, et 423 405 en y ajoutant WNS et Cloud4C. La France pèse 10,2 % de l’effectif hors acquisitions, l’Inde 188 055 salariés, en hausse de 8,2 %. Calculée à partir de ces chiffres, l’Inde représente plus de la moitié des collaborateurs du périmètre hors acquisitions.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Effectif France fin 2024 | 36 877 |
| Effectif France fin 2025 | 35 249 (-4,4 %) |
| Effectif Inde 2025 | 188 055 (+8,2 %) |
| Effectif groupe hors acquisitions | 355 189 |
| Recrutements externes 2025 dans le monde | 78 727 |
| Part de l’Asie-Pacifique dans ces recrutements | 67,7 % |
| Part de l’EMEA | 23 % (-5,8 points sur un an) |
Le document ne publie pas d’objectif chiffré de recrutement pour 2026. Ce silence ne dit rien de l’intention, mais il interdit de lire un plan d’embauches dans les comptes.
Le plan de 2 409 postes, tel qu’il a été annoncé
Le 20 janvier 2026, Capgemini a présenté un projet pouvant conduire à la suppression de 2 409 postes en France, soit environ 7 % de l’effectif, par une rupture conventionnelle collective volontaire. La presse spécialisée parlait alors de 6 à 7 % des effectifs. Le CSE a ouvert sa consultation le 28 janvier. Il ne s’agit pas d’un plan de sauvegarde de l’emploi : les départs reposent sur le volontariat, avec des reclassements internes prévus vers l’IA, le cloud et la data.
Les motifs avancés sont un ralentissement dans certains secteurs clients, notamment l’automobile et l’industrie, et l’accélération des mutations technologiques, dont l’intelligence artificielle. Nous n’avons pas trouvé, dans les pages consultées, de bilan chiffré du nombre de départs effectifs : ce suivi reste à documenter. Le contexte sectoriel, lui, est connu : Numeum a mesuré une croissance de +2 % du marché du numérique en 2025 et une activité des ESN en recul de 1,8 %.
Ce que ça change pour les consultants
Pour un consultant salarié chez Capgemini France, ces chiffres signalent d’abord un marché interne plus sélectif. Un effectif en baisse de 4,4 % avant même le plan, avec des reclassements orientés vers l’IA, le cloud et la data, favorise les profils qui peuvent démontrer une compétence sur ces sujets. Les profils sur des technologies plus anciennes ou sur des missions sectorielles en repli sont davantage exposés à l’intercontrat. Notre guide sur l’intercontrat en ESN rappelle les droits et les réflexes à connaître.
Pour un candidat, la part de l’Asie-Pacifique dans les recrutements, 67,7 %, indique où se trouve la croissance des embauches du groupe. L’EMEA, qui recule de 5,8 points dans la répartition, recrute proportionnellement moins qu’en 2024. Les juniors français rencontrent déjà ces effets, comme le décrit notre article sur les attentes des ESN envers les jeunes diplômés face à l’IA.
Pour les autres ESN, deux lectures coexistent. D’un côté, un grand compte qui réduit ses effectifs libère des profils sur le marché, ce qui facilite le recrutement des structures moyennes. De l’autre, la montée de la production en Inde et dans les centres de services pourrait accentuer la pression sur les prix des missions en régie, hypothèse que les chiffres publiés ne permettent pas de vérifier. Le recrutement des cadres informaticiens reste orienté à la hausse sur l’année, avec 61 160 recrutements prévus par l’Apec en 2026, ce qui suggère un marché à deux vitesses plutôt qu’un effondrement.
Pour les freelances, la baisse d’effectifs chez un intégrateur de cette taille peut déplacer des besoins vers la sous-traitance, mais seulement si les clients maintiennent leurs budgets. C’est l’un des points à surveiller dans les commentaires du T3 le 30 octobre.
Ces données invitent à une lecture mesurée. Un effectif qui baisse ne dit rien, seul, de la qualité des postes restants, ni de la rémunération. Un salarié qui souhaite évaluer sa situation chez un grand intégrateur gagnera à croiser ces chiffres avec les grilles de salaire et les minima de branche, comme ceux que détaille notre analyse des minima Syntec 2026 face au SMIC. Il peut aussi interroger son manager sur la visibilité de sa mission sur douze mois, indicateur plus parlant que n’importe quelle moyenne de groupe.
Quant aux candidats, ils auront intérêt à demander, en entretien, la répartition de l’équipe entre la France et les centres de services, ainsi que la trajectoire attendue pour le poste. Dans un groupe de cette taille, la réponse varie fortement d’une direction opérationnelle à l’autre.
Les points à retenir
- L’effectif de Capgemini France est passé de 36 877 à 35 249 salariés en 2025, soit -4,4 %.
- Le plan annoncé en janvier 2026 vise jusqu’à 2 409 postes, par rupture conventionnelle collective volontaire.
- L’Inde rassemble 188 055 salariés du groupe, la France environ 10 % de l’effectif hors acquisitions.
- Aucun objectif chiffré de recrutement 2026 n’est publié dans le document d’enregistrement universel.
Sources : décryptage du Blog RH sur le recrutement chez Capgemini, Solutions Numériques sur le plan de 2 400 postes.

