Au 1er novembre 2026, la date limite de résiliation des contrats santé pour une prise d’effet au 31 décembre vient de passer, et les garanties 2027 des offres alignées sur la convention collective sont déjà publiées. Pour les ESN de la branche Syntec (IDCC 1486), la mutuelle reste un sujet de gestion concret : niveau choisi, répartition des cotisations, salariés dispensés.
La mutuelle Syntec est obligatoire pour tous les employeurs de la branche : l’entreprise doit couvrir ses salariés et leurs enfants, et financer au moins 50 % de la cotisation. Le régime conventionnel, signé le 7 octobre 2015, fixe un socle de garanties et prévoit des options à la charge du salarié.
Ce que prévoit l’accord de branche
L’accord du 7 octobre 2015, conclu par les fédérations patronales Syntec et Cinov avec la CFDT, crée un régime complémentaire santé conventionnel pour la branche des bureaux d’études techniques, cabinets d’ingénieurs-conseils et sociétés de conseil. Il couvre le salarié et ses enfants à charge, avec des options pour améliorer les garanties ou étendre la couverture au conjoint.
Selon le communiqué de la fédération, les entreprises devaient couvrir l’ensemble de leurs salariés au 1er janvier 2016. Les organismes recommandés à l’origine étaient Harmonie Mutuelle, Humanis Prévoyance et Malakoff Médéric Prévoyance, ce dernier en apériteur. Il s’agit d’une recommandation : le texte ne désigne pas un assureur unique.
Concrètement, une ESN peut donc choisir un assureur recommandé, ou un autre contrat à condition que ses garanties soient au moins équivalentes à celles de la branche. Les sources de courtage rappellent que le choix est libre, ce qui impose de comparer les devis sur le contenu et pas seulement sur le prix.
Cotisations : qui paie quoi en 2026
Le droit commun, rappelé par service-public.fr, impose à l’employeur de prendre en charge au moins 50 % de la cotisation, le reste revenant au salarié. La branche Syntec reprend ce plancher pour le niveau obligatoire. Les niveaux supérieurs, le renfort hospitalisation et la couverture du conjoint sont, chez l’assureur mutualiste dont nous avons consulté le guide, entièrement à la charge du salarié.
Pour les montants, Payfit publie des cotisations de base 2026 pour la branche : 46,50 € pour un salarié isolé, 64,00 € pour un salarié avec enfants et 122,50 € pour une formule famille. La page ne précise pas la période de référence et les mêmes tarifs s’appliquent aux ETAM et aux cadres. Ces chiffres relèvent d’un éditeur de paie, pas de la fédération : à confirmer auprès de l’assureur avant tout calcul de budget.
Prenons une illustration. Si un employeur finance exactement 50 % d’une cotisation isolé de 46,50 €, il paie 23,25 € et le salarié autant. Sur une ESN de 200 salariés isolés, cela représente 4 650 € de charge employeur mensuelle sur cette seule ligne, hors niveaux facultatifs. L’exemple est théorique, mais il montre pourquoi le niveau retenu pèse sur la masse salariale.
Les garanties minimales de la branche
Le socle conventionnel est plus généreux que le panier de soins minimal légal. Ce dernier couvre le ticket modérateur, le forfait journalier hospitalier, les prothèses et l’orthodontie à 125 % du tarif conventionnel, et un forfait optique d’au moins 100 € pour une correction simple.
| Poste | Garantie de branche (Payfit, 2026) | Panier légal (service-public.fr) |
|---|---|---|
| Hospitalisation, frais de séjour | 175 % de la base de remboursement | Ticket modérateur et forfait journalier |
| Spécialiste consultant | 195 % de la base (praticien adhérent) | Ticket modérateur |
| Prothèses dentaires | De 150 % à 250 % selon l’acte | 125 % du tarif conventionnel |
| Optique | Monture 80 € ; verres de 70 à 150 € | Au moins 100 € (correction simple) |
| Aides auditives | 450 € par oreille | Non précisé |
Le tableau compare deux sources différentes et ne vaut pas notice d’assureur : les grilles évoluent chaque année et chaque contrat a ses propres plafonds.
Options, niveaux et calendrier 2027
Dans la gamme de l’assureur mutualiste consulté, l’employeur choisit un niveau obligatoire parmi Éco, Niveau 1, Niveau 2 ou Niveau 3, puis sélectionne trois niveaux facultatifs supérieurs. Chaque salarié peut y adhérer à ses frais. Le renfort hospitalisation et la couverture du conjoint restent facultatifs.
Le guide 2027 du même assureur indique des garanties applicables au 1er janvier 2027. La résiliation annuelle doit être notifiée au plus tard le 31 octobre pour un effet au 31 décembre, et le contrat se renouvelle par tacite reconduction. Après la première année, il peut être résilié à tout moment avec effet un mois après la notification. Une ESN qui n’a pas agi avant le 31 octobre 2026 reste donc, sauf motif particulier, engagée pour 2027.
Les cotisations patronales sont déductibles fiscalement et exonérées de charges sociales selon ce même guide, ce qui rend le financement employeur plus avantageux qu’une hausse de salaire d’un montant équivalent.
Dispenses et versement santé
Un salarié peut demander à ne pas adhérer dans des cas définis par la loi : CDD ou contrat de mission de moins de 3 mois, temps partiel jusqu’à 15 heures par semaine, couverture individuelle jusqu’à son échéance, bénéficiaire de la complémentaire santé solidaire, ou déjà couvert par un autre régime obligatoire, y compris comme ayant droit. La demande vient du salarié, par écrit, et l’employeur doit la conserver.
Le versement santé est une alternative pour certains contrats courts, à condition qu’un accord de branche ou d’entreprise le prévoie. Pour 2026, le montant de référence est de 22,27 €, affecté d’un coefficient de 105 % pour les CDI et de 125 % pour les CDD et missions. Les sources consultées ne disent pas si la branche Syntec l’a mis en place : une ESN doit le vérifier avant de s’en servir.
Ce que ça change pour les ESN et les consultants
Pour la direction d’une ESN, la mutuelle est une ligne de coût récurrente et un argument de recrutement. À l’heure où les exigences de recrutement dans les ESN montent et où les minima Syntec rattrapés par le SMIC réduisent les marges de négociation sur le salaire, un niveau de garanties lisible fait partie du package, au même titre que les primes ou le télétravail.
Pour le consultant, trois points méritent attention : le niveau de couverture réellement souscrit, le coût de l’option conjoint, et le maintien des garanties pendant un arrêt maladie ou un accident du travail, que Payfit signale comme prévu. Un consultant en intercontrat reste salarié et donc couvert, alors qu’un indépendant qui choisit le portage salarial relève des règles de sa société de portage.
Côté dirigeants, le calendrier est simple : comparer les offres avant le 31 octobre de chaque année, documenter la décision unilatérale ou l’accord d’entreprise, et conserver les demandes de dispense. Une erreur de mise en place expose à un redressement sur les exonérations de charges.
Les points à retenir
- La mutuelle Syntec est obligatoire : salarié et enfants couverts, au moins 50 % financés par l’employeur.
- L’accord de branche date du 7 octobre 2015 et recommande des assureurs sans en imposer un.
- Payfit cite en 2026 des cotisations de base de 46,50 € (isolé), 64,00 € (avec enfants) et 122,50 € (famille), à confirmer auprès de l’assureur.
- La résiliation annuelle se notifie avant le 31 octobre pour un effet au 31 décembre.
- Les dispenses sont encadrées et se demandent par écrit.
Sources : communiqué de la Fédération Syntec sur l’accord santé (9 octobre 2015) ; service-public.fr, complémentaire santé collective ; Payfit, mutuelle Syntec 2026 ; guide pratique Syntec 2027 de MGC.

