Sopra Steria a publié le 29 octobre 2026 un chiffre d’affaires de 1 420,1 M€ pour le troisième trimestre, en hausse de 7,9 % en données publiées et de 4,3 % en organique. Le groupe relève pour la deuxième fois de l’année son objectif de croissance organique 2026, désormais fixé entre 2,5 % et 3,0 %.
Les résultats Sopra Steria T3 2026 sont supérieurs aux attentes : 1,42 Md€ de chiffre d’affaires contre 1,39 Md€ pour le consensus, et un objectif annuel relevé à 2,5-3,0 % de croissance organique, la marge et la trésorerie étant confirmées.
Résultats Sopra Steria T3 2026 : un trimestre au-dessus du consensus, malgré l’arrêt du programme SFT
Le groupe affiche 1 420,1 M€ sur le trimestre, soit +7,9 % publié, dont 11,4 M€ d’effet de change et 33,8 M€ d’effet de périmètre. La croissance organique atteint 4,3 %. L’arrêt progressif du programme SFT pèse 2,1 points : sans lui, la croissance organique ressort à 6,4 %. Le trimestre a aussi bénéficié d’un jour ouvré de plus qu’en 2025.
Ce dernier point mérite d’être gardé en tête. Un jour ouvré supplémentaire joue mécaniquement sur la facturation des activités en régie, et une partie de l’avance sur le consensus peut venir de là. Le consensus, compilé par la société, tablait sur 1,39 Md€, selon Boursorama.
Côté dynamique, les marchés les plus porteurs sont la défense, la sécurité et le spatial (+13 %), l’aéronautique (+13 %), la cybersécurité (+18 %) et le conseil (+7 %). Les effectifs atteignent 52 814 personnes fin septembre, contre 50 768 un an plus tôt, dont 8 949 dans les centres offshore. Le taux d’attrition recule à 13,8 %, contre 15,3 %.
Objectif 2026 relevé, marge et trésorerie confirmées
La croissance organique 2026 est désormais attendue entre 2,5 % et 3,0 %, contre 2,0 % à 2,5 % auparavant. C’est le deuxième relèvement de l’exercice. Cette fourchette intègre un effet dilutif non récurrent d’environ 2 points lié à l’arrêt du programme SFT. La marge opérationnelle d’activité reste attendue à 9,5 % au moins et le flux de trésorerie disponible à environ 5 % du chiffre d’affaires.
Le relèvement porte donc sur le haut de compte de résultat, pas sur la rentabilité. Sopra Steria ne promet pas plus de marge : il dit que la demande tient mieux que prévu, tout en gardant le même niveau de rentabilité. Pour un acteur de cette taille, c’est un message cohérent avec un marché qui reprend de façon sélective, comme nous l’analysions dans notre point sur la reprise prudente du marché des ESN en 2026.
France, Royaume-Uni, Europe : trois trajectoires différentes
La France, qui pèse environ 45 % du groupe, réalise 638,4 M€ avec +6,1 % de croissance organique. L’énergie et les télécoms se contractent, tous les autres secteurs progressent, et le secteur public, environ 15 % de l’activité française, croît fortement. Le Royaume-Uni (16 % du groupe) pèse 232,3 M€ pour +8,2 %, mais sur une base de comparaison faible, le troisième trimestre 2025 ayant reculé de 9,5 %.
| Zone | Poids dans le groupe | CA T3 2026 | Croissance organique |
|---|---|---|---|
| France | 45 % | 638,4 M€ | +6,1 % |
| Royaume-Uni | 16 % | 232,3 M€ | +8,2 % |
| Europe | 33 % | 462,1 M€ (455,4 M€ hors SFT) | +5,7 % hors SFT |
| Solutions | 6 % | 87,3 M€ | +7,5 % |
L’Europe recule de 0,3 % en publié à cause de SFT, dont le chiffre d’affaires passe de 32,7 M€ à 6,6 M€ sur un an. Hors SFT, la zone progresse de 5,7 %, avec des hausses en Scandinavie, en Italie, en Suisse et en Espagne, un retour à la croissance en Allemagne, une Belgique légèrement en baisse et des Pays-Bas stables. Pour le Royaume-Uni, le groupe prévoit un quatrième trimestre en baisse sur un an et un second semestre globalement stable.
Ce que ça change pour les ESN et les consultants
Pour les ESN concurrentes, les résultats Sopra Steria T3 2026 confirment que la demande française ne se limite pas à quelques niches : un acteur généraliste de plus de 5 Md€ de revenus annuels croît de plus de 6 % dans l’Hexagone. Il signale aussi que les gagnants se trouvent dans la défense, la cybersécurité et le secteur public, là où les budgets sont protégés, et que les secteurs cycliques comme l’énergie et les télécoms restent à la peine.
Pour les consultants et les freelances, la lecture est concrète. Les profils cybersécurité, ingénierie défense et conseil sont portés par des taux de croissance à deux chiffres chez Sopra Steria. Les profils positionnés sur des comptes énergie-télécoms doivent s’attendre à une demande plus tendue. Prenons une illustration : un consultant en cybersécurité et un consultant sur un grand compte télécoms ne font pas face au même marché, même chez le même employeur.
La baisse de l’attrition à 13,8 % indique aussi un marché du travail moins mobile qu’il y a un an : les ESN retiennent mieux leurs équipes, ce qui réduit la marge de négociation lors d’un changement d’employeur. En parallèle, 8 949 personnes travaillent dans les centres offshore du groupe, soit environ 17 % des effectifs, un ratio à suivre pour les discussions sur la répartition du travail entre France et centres de production, que nous abordons dans notre article sur le nearshore des ESN françaises.
Un jour ouvré de plus et des acquisitions : lire les chiffres avec recul
Deux éléments nuancent la lecture. D’une part, l’effet calendaire d’un jour ouvré supplémentaire. D’autre part, l’effet de périmètre de 33,8 M€, qui reflète des acquisitions : Digital Product Simulation (environ 12 M€ de revenus en 2025) est consolidée depuis le 1er août 2026, et la reprise de Daher Industrial Services doit être finalisée prochainement. La croissance organique de 4,3 % est donc le meilleur indicateur de la demande réelle.
Le calendrier compte également. Capgemini publie ses propres chiffres du troisième trimestre le 30 octobre, ce qui permettra de comparer les deux premières ESN françaises, comme nous l’avons détaillé dans nos repères sur les résultats T3 2026 de Sopra Steria et Capgemini. Pour mesurer la trajectoire depuis le printemps, nos lecteurs peuvent se reporter à l’analyse des résultats semestriels 2026 de Capgemini et Sopra Steria.
Les points à retenir
- CA T3 2026 de 1 420,1 M€, +4,3 % en organique (6,4 % hors arrêt du programme SFT), au-dessus du consensus de 1,39 Md€.
- Objectif de croissance organique 2026 relevé à 2,5-3,0 %, marge d’au moins 9,5 % et trésorerie disponible d’environ 5 % du CA confirmées.
- France à +6,1 % (638,4 M€), avec l’énergie-télécoms en contraction et le secteur public en forte hausse.
- Un jour ouvré de plus et des acquisitions amplifient le chiffre publié : la croissance organique reste la référence.
- Capgemini publie le 30 octobre : la comparaison des deux acteurs viendra le lendemain.
Sources : ABC Bourse, objectif de croissance relevé après le T3 ; Boursorama, T3 supérieur aux attentes.

