Freelance.com a publié ses résultats du premier semestre 2026 : un chiffre d’affaires de 551,8 M€ (+4 %), un EBITDA de 15,3 M€ et une marge stable à 2,8 %. Commentés le 20 octobre 2026, ces comptes montrent un groupe qui croît à un rythme modeste, avec un portage salarial et une intermédiation qui repartent en France.
Les résultats Freelance.com S1 2026 montrent une reprise mesurée du recours aux indépendants : +3 % en France, +6 % à l’international, mais une marge d’EBITDA qui plafonne à 2,8 % et une dette nette qui passe d’environ 17 M€ à 37,5 M€. Le marché des freelances IT croît, sans que la rentabilité des intermédiaires ne décolle.
Une croissance de 4 % portée par l’international
Sur six mois, le groupe affiche 551,8 M€ de chiffre d’affaires, soit +4 % (+5 % en organique). La France pèse 73 % de l’activité avec 401,6 M€, en hausse de 3 %, tandis que l’international progresse de 6 % à 150,2 M€. Au deuxième trimestre, le groupe a réalisé 276,5 M€, contre 264,2 M€ un an plus tôt.
Le trimestre précédent s’établissait à 275,3 M€, ce qui dessine une progression régulière plutôt qu’une accélération. Dans son communiqué de fin août, le groupe note que le portage salarial et l’intermédiation retrouvent une dynamique de croissance en France depuis début 2026, signe d’un regain du recours aux talents externes. Il signale aussi une concurrence accrue en Suisse.
Rentabilité : marge stable, résultat net en recul apparent
L’EBITDA atteint 15,3 M€, en hausse de 5 % en pro forma, pour une marge de 2,8 %. Le résultat d’exploitation grimpe de 6 % à 11,7 M€, malgré des charges de restructuration plus élevées. Le résultat net part du groupe ressort à 8,3 M€, contre 15,6 M€ un an plus tôt.
Ce recul s’explique surtout par la cession de Provigis en 2025. Hors cette opération, le bénéfice progresse par rapport aux 6 M€ de l’année précédente. La dette nette, elle, passe d’environ 17 M€ à 37,5 M€, en raison du dividende et d’une hausse temporaire de 15,4 M€ du besoin en fonds de roulement. Le levier reste à 1,3 fois l’EBITDA selon Portzamparc, et les capitaux propres s’élèvent à 179,7 M€.
| Indicateur | S1 2026 |
|---|---|
| Chiffre d’affaires | 551,8 M€ (+4 %) |
| dont France | 401,6 M€ (+3 %) |
| dont international | 150,2 M€ (+6 %) |
| EBITDA | 15,3 M€ (marge 2,8 %) |
| Résultat d’exploitation | 11,7 M€ (+6 %) |
| Résultat net part du groupe | 8,3 M€ (15,6 M€ en S1 2025) |
| Dette nette | 37,5 M€ (environ 17 M€ avant) |
Une marge de 2,8 % : ce que dit le modèle d’intermédiaire
Une marge d’EBITDA de 2,8 % rappelle que l’intermédiation et le portage vivent de volumes et de frais de gestion, non de marges élevées. Le groupe revendique plus de 150 000 consultants et experts, dont 106 000 en France. Pour un indépendant, cela signifie qu’une plateforme ou une société de portage prèlève une part limitée de chaque mission, mais sur un très grand nombre de dossiers.
Le marché réagit avec prudence : l’action a cédé 4,04 % le jour de la publication, après avoir gagné 5,69 % la veille. TP ICAP Midcap maintient son conseil à l’achat, avec un objectif de 3,30 €, tout en restant prudent face aux incertitudes économiques. Le chiffre d’affaires du troisième trimestre est attendu le 23 novembre 2026.
Ce que ça change pour les ESN, consultants et freelances
Pour les ESN, la reprise des intermédiaires confirme que les clients continuent d’ouvrir des budgets à des profils externes, en concurrence directe avec la régie classique. Les ESN qui sous-traitent à des freelances voient leur vivier se structurer autour de gros acteurs, qui négocient des conditions de paiement et de référencement. Notre analyse des marges et TJM entre ESN et freelances détaille ces arbitrages.
Pour les consultants et freelances, le signal est plutôt favorable sur les volumes, mais il ne dit rien des tarifs : le groupe ne communique pas de TJM moyen. Le besoin en fonds de roulement, en hausse de 15,4 M€, rappelle aussi que le délai de paiement reste un sujet pour tous les acteurs de la chaîne. Les freelances ont intérêt à vérifier leurs délais de règlement avant de signer, quel que soit l’intermédiaire.
Un exemple chiffré, à titre d’illustration : sur un chiffre d’affaires de 100 M€ avec une marge d’EBITDA de 2,8 %, il reste 2,8 M€ avant amortissements, taxes et frais financiers. Un retard de paiement de quelques semaines sur un portefeuille de missions suffit à consommer cette marge en trésorerie, ce qui explique l’attention portée au besoin en fonds de roulement dans les résultats Freelance.com S1 2026.
Côté pilotage, trois éléments sont à suivre : le chiffre d’affaires du troisième trimestre, la trajectoire de la dette et l’évolution de la concurrence en Suisse. Le contexte d’ensemble est celui d’un secteur du portage de 45 000 salariés et d’entreprises qui, selon l’enquête Hays, peinent à recruter.
Les points à retenir
- Freelance.com affiche 551,8 M€ de chiffre d’affaires au S1 2026, en hausse de 4 %, dont 401,6 M€ en France (+3 %).
- La marge d’EBITDA est stable à 2,8 %, avec un EBITDA de 15,3 M€.
- Le résultat net recule à 8,3 M€ à cause de la cession de Provigis en 2025 ; la dette nette monte à 37,5 M€.
- Le portage et l’intermédiation repartent en France depuis début 2026, sans indication sur les tarifs.
- Prochain rendez-vous : chiffre d’affaires du T3, le 23 novembre 2026.
Sources : communiqué Freelance.com du 31 août 2026 ; Easybourse, résultats du premier semestre ; Tradingsat, réaction de la Bourse.

