Le Maroc veut sortir de l’image de la plateforme de centres d’appels. Annoncée en juillet 2025, la circulaire qui détaille l’Offre offshoring Maroc est entrée en vigueur, selon Finances News Hebdo, qui l’a décrite en décembre 2025. Elle s’inscrit dans le programme Digital Morocco 2030 et vise des segments plus sophistiqués : data management, cybersécurité, IT outsourcing, automatisation de processus, services d’ingénierie et R&D en nearshore.
Les incitations
Jusqu’au 31 décembre 2030, les entreprises de l’offshoring peuvent bénéficier d’un ensemble d’avantages :
- un impôt plafonné à 20 % dans les plateformes industrielles intégrées principales comme Casanearshore, réduit à 10 % dans les plateformes secondaires comme Fès Shore, Oujda Shore ou Tétouan Shore ;
- une prime à l’emploi équivalente à 17 % du revenu brut imposable pour chaque nouvel emploi stable créé ;
- une prime à la formation de 3,5 % du revenu brut imposable annuel pour les nouvelles recrues.
Les démarches passeront par une plateforme numérique unique de dépôt et de suivi des dossiers. Un comité de pilotage présidé par le chef du gouvernement et un comité technique de l’offshoring assurent la gouvernance.
Les objectifs affichés
Le dispositif vise la création de 130 000 emplois supplémentaires, dont 50 000 d’ici 2026, et un chiffre d’affaires porté à 40 milliards de dirhams. Certains observateurs jugent ces chiffres élevés au vu des tensions sur le marché du travail et de la pénurie de compétences IT. Il vise aussi de nouveaux territoires : Agadir, Oujda, Tétouan, Al Hoceïma, Laâyoune et Dakhla, pour désengorger les grandes villes.
Les défis cités par le secteur
Youssef Chraibi, président du groupe Outsourcia et de la Fédération marocaine de l’externalisation des services, identifie trois défis : le déficit de compétences, notamment en soft skills et dans les métiers IT très spécialisés ; la faible attractivité des régions hors Casablanca, Rabat et Fès ; et l’historique d’inefficacité des anciens dispositifs, qui a parfois découragé les investisseurs. Il rappelle aussi que la concurrence s’intensifie : selon lui, certains pays africains proposent des coûts de production jusqu’à trois fois inférieurs à ceux du Maroc. La Tunisie, l’Égypte, le Sénégal et l’Europe de l’Est multiplient eux aussi les incitations.
Ce que cela change pour les ESN
Plus de la moitié des exportations marocaines de services numériques vont vers l’Europe, principalement la France. Pour les ESN qui y produisent, l’offre réduit le coût d’implantation et d’embauche dans les métiers à forte valeur. Le texte ne dit rien, en lui-même, de la vitesse à laquelle les aides seront versées : le président de la fédération insiste sur ce point, en notant qu’il n’y aura pas de promesse sans décaissement. Cet article décrit le dispositif tel qu’il était présenté fin 2025 ; son déploiement reste à mesurer.
Sources : Finances News Hebdo, 10 décembre 2025.

