Profils cybersécurité ESN : 47 % des recruteurs Tech les cherchent

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Les ESN se disputent les spécialistes de la sécurité, et les chiffres de 2026 le confirment. Robert Half, dans son enquête publiée le 23 février 2026 auprès de 500 responsables du recrutement, place la cybersécurité en tête des compétences Tech recherchées, citée par 47 % des recruteurs. L’ANSSI, de son côté, mesure une hausse de 49 % des offres d’emploi cyber entre 2019 et 2024.

Les profils cybersécurité ESN sont devenus une ressource rare parce que la demande des clients, tirée par la réglementation et les attaques, progresse plus vite que le nombre de professionnels formés. Pour une ESN, le sujet n’est plus seulement RH : il conditionne la capacité à vendre des missions de conformité, de SOC et d’audit.

Une compétence en tête des recherches des recruteurs Tech

Selon l’enquête Robert Half réalisée avec l’institut Rigour Research, 47 % des recruteurs Tech citent la cybersécurité parmi les compétences recherchées, avec 43 % dans les PME et 50 % dans les grandes entreprises. Le cloud suit à 44 % et la gestion de projets à 42 %. Le principal obstacle reste l’attraction et la rétention des talents, cité par 55 % des recruteurs.

Ce classement compte pour les ESN pour une raison simple : elles recrutent sur le même vivier que leurs clients. Quand une grande entreprise cherche un responsable sécurité, elle puise dans les équipes des cabinets qui l’accompagnent. L’enquête précise aussi que 50 % des recruteurs placent la cybersécurité parmi les deux domaines prioritaires de formation, derrière l’IA à 52 %.

Ce que mesure l’ANSSI sur le marché de l’emploi cyber

L’Observatoire des métiers de la cybersécurité 2025, publié le 9 juin 2025 par le centre de formation de l’ANSSI avec l’AFPA et la DGEFP, a analysé plus de 23 000 offres d’emploi diffusées de juin 2023 à juin 2024. Elles ont progressé de 49 % entre 2019 et 2024, la majorité en CDI, et 40 % exigent un niveau bac+5.

L’enquête auprès des professionnels apporte un second enseignement. Pour environ la moitié des répondants, la cybersécurité n’est pas le domaine d’origine : 40 % venaient surtout de l’informatique et du numérique, 12 % d’un autre secteur. L’ANSSI note que les employeurs peinent à trouver des candidats malgré la hausse de l’offre de formation. Selon IT-Connect, qui cite l’OPIIEC, la France compterait 900 formations cyber en 2025, dont 80 labellisées SecNumEdu.

Indicateur Valeur Source
Recruteurs Tech citant la cybersécurité 47 % Robert Half, février 2026
Hausse des offres d’emploi cyber 2019-2024 49 % ANSSI, juin 2025
Offres exigeant un bac+5 40 % ANSSI, juin 2025
Cyberattaques enregistrées en France en 2025 plus de 17 500, +4 % SSMSI, cité par Robert Half

Pourquoi la réglementation accélère la demande

La pression ne vient pas que des attaques, dont plus de 17 500 ont été enregistrées en France en 2025 selon le SSMSI, cité par Robert Half. Elle vient aussi des textes. La directive NIS2 élargit le périmètre des entités concernées, et sa transposition française, la loi Résilience, reste en attente. Nous avons détaillé ce retard de la loi Résilience et ses effets sur la conformité.

Même sans calendrier définitif, les directions anticipent. Les échanges des Assises de la cybersécurité 2026 montrent des clients qui demandent désormais des preuves de retour sur investissement, donc des consultants capables de relier sécurité, risque et budget, pas seulement des techniciens.

Ce que ça change pour les ESN

Pour les ESN, la rareté des profils cybersécurité ESN crée trois conséquences concrètes. La première touche le recrutement : les salaires et les délais s’alourdissent, d’autant que le marché global est déjà sélectif en 2026.

La deuxième touche l’offre commerciale. Les acteurs qui s’allient pour mutualiser les compétences gagnent du temps, à l’image de l’alliance Atos Fortinet autour d’un cadre de SOC. La troisième touche la formation : puisque la moitié des professionnels viennent d’ailleurs, la reconversion interne de développeurs ou d’administrateurs devient une option crédible.

  • Recruter des profils en reconversion et financer leur montée en compétence.
  • Staffer les missions rares avec des freelances, au prix d’un TJM plus élevé.
  • Vendre des services managés (SOC, conformité) pour lisser la ressource.

Prenons une illustration : une ESN qui doit fournir cinq experts sécurité pour un client soumis à NIS2 peut en recruter deux, former deux développeurs et sous-traiter le dernier poste. Aucun de ces leviers ne suffit seul, c’est leur combinaison qui tient la marge.

Les risques côté consultants et freelances

Pour un consultant, la pénurie ouvre un rapport de force favorable, mais elle ne garantit rien. Les clients exigent souvent un bac+5 et des références vérifiables. Le sujet des tarifs reste à manier avec prudence, car les écarts entre prix affichés et prix déclarés sont réels, comme le détaille notre dossier sur le TJM des freelances IT entre offres et déclarations.

Pour les ESN, le risque inverse existe aussi : surpayer pour retenir un profil, puis perdre la marge sur une mission au forfait. D’où l’intérêt de lier la progression salariale à des certifications et à des périmètres de responsabilité clairs.

Les points à retenir

  • 47 % des recruteurs Tech citent la cybersécurité comme compétence recherchée (Robert Half, février 2026).
  • Les offres d’emploi cyber ont progressé de 49 % entre 2019 et 2024 selon l’ANSSI.
  • La moitié des professionnels de la cyber viennent d’un autre domaine : la reconversion interne est un levier.
  • La loi Résilience n’est pas votée, mais les clients anticipent déjà NIS2.

Sources : Robert Half, communiqué du 23 février 2026 ; ANSSI, Observatoire des métiers 2025 ; IT-Connect, article du 15 juin 2026.

Rédaction myESN
Rédaction myESN
La rédaction de myESN décrypte le marché des ESN, du conseil IT, du freelance et du portage salarial.

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