Depuis avril 2026, les cotisations des travailleurs indépendants se calculent sur une base unique, réduite d’un abattement forfaitaire de 26 %. La réforme, décidée par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2024, s’applique aux revenus 2025 et aux années suivantes. Pour un freelance IT, l’effet dépend entièrement du statut choisi.
La réforme de l’assiette sociale des indépendants change surtout la composition des prélèvements d’un freelance IT au réel, pas leur niveau global : moins de CSG-CRDS, davantage de cotisations qui ouvrent des droits, notamment à la retraite. Les micro-entrepreneurs gardent leur propre abattement et restent à l’écart du nouveau mécanisme.
Ce que la réforme change dans le calcul des cotisations
Jusqu’ici, la CSG-CRDS reposait sur une assiette plus large que les cotisations, car elle réintégrait les cotisations sociales. Désormais, une seule base sert aux deux : le chiffre d’affaires moins les charges d’exploitation, sans déduire les cotisations, puis un abattement de 26 % appliqué automatiquement par les caisses.
La page de la DGFiP, mise à jour le 9 avril 2026, précise que cet abattement remplace la déduction « au réel » des cotisations sociales et de la CSG déductible. Le service public des entreprises confirme une application aux cotisations définitives 2025, calculées sur les revenus réels 2025, puis à celles de 2026 et des années suivantes (service-public.gouv.fr).
Selon Moneyvox, qui cite l’Urssaf, les prélèvements totaux n’augmentent pas. Le même article relève des taux en hausse pour les professions libérales non réglementées : la cotisation de retraite de base déplafonnée passe de 0,60 % à 0,72 %, la retraite complémentaire sur la tranche plafonnée de 7 % à 8,1 % (Moneyvox). Les montants légaux exacts sont à vérifier sur urssaf.fr avant toute simulation.
Qui est concerné parmi les freelances IT
La réforme vise les travailleurs non salariés au régime réel. Le freelance en entreprise individuelle au réel et le gérant d’EURL entrent dans le champ. Le micro-entrepreneur, lui, conserve ses abattements de 71 %, 50 % ou 34 % selon l’activité, d’après Moneyvox. Le salarié porté relève d’une logique de salarié et n’est pas visé par cette page, qui parle de travailleurs non salariés.
| Statut du freelance | Dans le champ de l’abattement de 26 % | Point d’attention |
|---|---|---|
| Micro-entrepreneur | Non, abattement forfaitaire propre | Plafond de chiffre d’affaires à surveiller |
| Entreprise individuelle au réel | Oui | Régularisation sur revenus réels 2025 |
| Gérant d’EURL | Oui, régime des travailleurs non salariés | Dividendes partiellement soumis aux cotisations |
| Salarié porté | Non, hors du champ des non-salariés | Frais de gestion de la société de portage |
Pour les micro-entrepreneurs, la question qui pèse reste le seuil de chiffre d’affaires, que nous avons détaillé dans notre analyse du plafond de la micro-entreprise pour un freelance IT.
Un abattement de 26 % ne réduit pas les cotisations de 26 %
L’abattement remplace une déduction, il n’ajoute pas un cadeau. Un article de Socic, mis à jour le 29 octobre 2026, le rappelle : l’économie réelle dépend des taux et de l’ancienne base de comparaison. Il donne un exemple de rémunération de 60 000 € : abattement de 15 600 €, base ramenée à 44 400 € (Socic).
Prenons un freelance en EURL dont la rémunération atteint 60 000 € : la base devient 44 400 €. Mais comme l’ancienne déduction des cotisations disparaît et que de nouveaux taux s’appliquent, le résultat net peut être neutre, légèrement favorable ou défavorable selon le niveau de revenu. Les cotisations minimales restent dues, même avec un revenu faible.
Le même article signale un piège de trésorerie : un gérant qui augmente sa rémunération sans réajuster ses acomptes reçoit une régularisation plus lourde. Et un gérant d’EURL qui tire des dividendes doit savoir qu’une part peut être soumise aux cotisations au-delà de 10 % du capital, des primes d’émission et des comptes courants. Selon Socic, l’application de l’abattement à cette fraction n’est pas clairement établie.
Ce que ça change pour les consultants et freelances
Pour un consultant IT qui hésite entre statuts, la réforme ajoute un paramètre sans bouleverser l’arbitrage. Elle rend le régime réel un peu plus lisible, avec une base unique, et pousse à refaire ses simulations sur les revenus 2025 avant la régularisation. Elle n’efface pas la question du seuil de la micro ni celle de la protection sociale.
Trois conséquences concrètes se dégagent.
- Les freelances en EURL ont intérêt à recalculer leurs acomptes 2026 sur la nouvelle base, pour éviter une régularisation tardive.
- Les micro-entrepreneurs proches du plafond n’ont rien à changer à cause de la réforme, mais leur arbitrage entre micro, réel et salariat reste ouvert.
- Les ESN qui sous-traitent à des indépendants peuvent voir des demandes de TJM remontées, si leurs freelances au réel constatent une hausse de leurs cotisations retraite.
Ce dernier point reste une hypothèse : aucune source consultée ne mesure à ce jour un effet sur les tarifs. Pour situer ces tarifs, notre dossier sur le TJM d’un freelance IT en 2026 donne des repères, et l’article sur la marge d’une ESN sur le TJM d’un freelance montre comment le coût d’un indépendant se répercute côté ESN.
Réel, micro ou salariat porté : comment arbitrer
Un statut de non-salarié donne de la liberté de facturation mais une protection sociale à financer soi-même, tandis que le salariat porté offre une couverture de salarié contre des frais de gestion. La réforme ne tranche pas ce choix. Elle modifie l’équation seulement pour ceux qui sont au réel, d’où l’intérêt de comparer plusieurs scénarios chiffrés.
Pour comparer les frais et les conditions de plusieurs structures, un lecteur peut s’appuyer sur un comparateur des sociétés de portage, avant de mettre le résultat en regard d’une simulation EURL. Sur le fond du choix entre indépendance et salariat porté, notre article sur le portage salarial pour un consultant IT détaille les mécanismes.
Les points à retenir
- Depuis avril 2026, une base unique et un abattement de 26 % s’appliquent aux indépendants au réel, pour les revenus 2025 et suivants.
- L’Urssaf, citée par Moneyvox, indique que la charge globale n’augmente pas : moins de CSG-CRDS, plus de cotisations ouvrant des droits.
- Les micro-entrepreneurs gardent leurs abattements de 71 %, 50 % ou 34 % et sortent du champ.
- L’abattement n’équivaut pas à 26 % d’économie : refaire une simulation personnalisée reste indispensable.
- Les acomptes et la part de dividendes en EURL sont les deux pièges de trésorerie à surveiller.
Sources : impots.gouv.fr, réforme de l’assiette sociale (9 avril 2026) ; Service-public.gouv.fr, actualité du 20 avril 2026 ; Moneyvox, 17 septembre 2026 ; Socic, mis à jour le 29 octobre 2026.

