Le TJM freelance IT n’a pas un seul visage. Le baromètre mis à jour le 27 octobre 2026 par F2i à partir des offres de missions de Free-Work donne une médiane de 510 € par jour en cybersécurité. Le TJMètre, qui agrège des tarifs déclarés par les freelances, affiche 715 € pour le même domaine. Cet écart de près de 40 % est la clé pour négocier sans se tromper de référence.
Le TJM freelance IT dépend de la source : les offres de missions décrivent ce que les clients proposent, les tarifs déclarés ce que les freelances disent facturer. Les deux chiffres sont utiles, à condition de ne pas les confondre.
Ce que mesurent les offres de missions
Le baromètre F2i s’appuie sur les missions actives publiées sur Free-Work. Il agrège les fourchettes minimales et maximales de TJM de chaque annonce, puis calcule la médiane et l’intervalle entre le premier et le troisième quartile. Les chiffres régionaux ne sont publiés qu’au-delà de 25 missions renseignées.
| Métier | Missions | Médiane (€/jour) | Intervalle central (€/jour) |
|---|---|---|---|
| Développement | 2 538 | 470 | 400 à 525 |
| DevOps et cloud | 485 | 500 | 450 à 565 |
| Cybersécurité | 460 | 510 | 450 à 575 |
| Data | 887 | 475 | 425 à 550 |
| Chef de projet | 257 | 475 | 425 à 540 |
L’Île-de-France ressort avec une médiane de 515 € sur 5 860 missions, quand les autres régions listées se situent entre 415 et 450 €. La cybersécurité et le DevOps ont les médianes les plus hautes, le développement la plus basse, mais c’est aussi le métier où l’échantillon est le plus solide.
Ce que mesurent les tarifs déclarés
Le TJMètre revendique 20 272 observations sur 12 mois. Il combine les réponses à son propre formulaire, les baromètres de Free-Work et de Silkhom, et l’API de France Travail, avec un score de confiance et un filtre des valeurs aberrantes. Ses médianes sectorielles ressortent à 515 € pour le développement, 575 € pour le DevOps, 615 € pour la data et 715 € pour la cybersécurité.
Dans le détail, un consultant en cybersécurité déclare 720 € de médiane (193 réponses) et un pentester 710 €. Un architecte cloud monte à 750 € sur 185 réponses, et les profils IA et LLM à 810 €, mais sur 40 réponses seulement. Le site signale lui-même des incohérences de méthode : certaines lignes affichées reposent sur 4 à 14 réponses, sous le seuil annoncé. Les spécialités rares doivent donc se lire avec prudence.
Pourquoi les chiffres divergent
Une offre de mission est un budget que le client affiche avant la négociation, souvent sous forme de fourchette large et parfois volontairement prudente. Un tarif déclaré est un prix que le freelance dit pratiquer, avec un biais possible vers le haut chez ceux qui répondent à ce type de formulaire. Les profils les plus recherchés, ceux qui négocient au-dessus des fourchettes publiées, ne passent d’ailleurs pas toujours par les annonces.
Les deux séries ne se contredisent pas, elles décrivent deux moments : l’entrée en discussion et le tarif signé. Pour un freelance, la vraie référence est probablement entre les deux, et dépend de la rareté de la compétence, de la région et de la durée de la mission.
Ce que ça change pour les freelances et les ESN
Pour un freelance, l’écart justifie de préparer sa négociation avec plusieurs sources et de documenter ce qui le distingue : certifications, références sectorielles, capacité à intervenir vite. Annoncer un TJM calé sur la médiane des offres revient à partir du bas de la fourchette ; viser la médiane déclarée sans argument expose à un refus. Les effets de l’IA sur les prix sont analysés dans notre article sur Upwork et le panier moyen.
Le rôle de l’intermédiaire compte aussi. Entre le TJM facturé et ce que touche le consultant, la marge de l’ESN ou de la plateforme pèse lourd, comme l’explique notre dossier sur les marges et la négociation. Les freelances qui veulent conserver une protection salariée peuvent passer par une société de portage, comme Weepo, et comparer le net obtenu avec celui d’une facturation en direct.
Pour les ESN qui sous-traitent, l’enseignement est inverse : un budget de mission calé sur la médiane des offres attire moins sur les métiers en tension, dont la cybersécurité. Le besoin de renfort reste fort, puisque les entreprises citent la difficulté à recruter, comme le détaille notre article sur l’étude Hays.
Comment négocier avec ces repères
En pratique, un freelance a intérêt à ouvrir la discussion avec une fourchette argumentée plutôt qu’un chiffre unique, en citant ses références et la rareté de sa compétence. Côté client, comparer son budget aux deux séries évite de découvrir en cours de recrutement que l’enveloppe prévue ne correspond pas au marché réel. Dans les deux cas, le TJM freelance IT se discute au cas par cas : durée de la mission, télétravail, urgence du besoin et niveau d’autonomie attendu déplacent le tarif autant que le métier lui-même.
Les points à retenir
- Médiane des offres Free-Work au 27 octobre 2026 : 470 € en développement, 500 € en DevOps, 510 € en cybersécurité, 475 € en data.
- Médiane des tarifs déclarés selon le TJMètre : 515 €, 575 €, 715 € et 615 € pour les mêmes familles de métiers.
- L’écart vient de la nature des données, offre affichée d’un côté et tarif déclaré de l’autre.
- Les spécialités rares reposent sur de petits échantillons et se lisent avec prudence.
Sources : F2i, baromètre TJM freelance IT 2026 ; TJMètre, baromètre TJM freelance 2026.

